DROITS DE L’
HOMME:
La
Politique Déconcertante des États Unis
LÂM LỄ TRINH
Cinquante
ans auparavant , la nation américaine fut à l’ avant garde du monde dans l’
édification de la loi internationale moderne des droits de l’ homme.
Récemment Washington attire l’
attention publique en érigeant des obstacles à son développement . Les
réservations américaines sont particulièrement remarquées lors des négociations
de l’ an dernier visant à bannir les mines terrestres , prohiber l’ emploi des
soldats mineurs et établir une Cour Internationale de justice criminelle . Dans
chaque cas, Washington paie de bonnes paroles alors que ses négociateurs
prennent le contre- pied de l’ opinion majoritaire . Cette attitude insolite
est la raison pour laquelle la communauté internationale a décidé de contourner
les Eùtats Unis dans le renforcement de la législation sur les droits de l’
homme.
Pourquoi les États Unis ne coopèrent
pas?
1 - Les pourparlers sur les mines
terrestres constituent l’ exemple le plus frappant. De nombreux
pays , à l’ heure présente, utilisent sans scrupule cette arme de destruction
massive à retardement dénommée AP ou antipersonnel land mines , qui tue et
mutile annuellement au moins 26.000 personnes , causant un accident toutes les
22 minutes , d’ après les statistiques des Nations Unies . Dans les nations en
proie à la guerre civile (Cambodge, Afghanistan, Chechnya, Mozambique,
Nicaragua, Angola, Somalie, Mali…) les mines antipersonnelles n’ épargnent
personne, combattants comme civils, adultes et enfants . Au Cambodge, plus de
35.000 en sont victimes. Plusieurs centaines de milliers sont décédés par l’
explosion des mines dans la dernière
décennie du 20ème siècle , après la fin de la guerre froide . Les États Unis, la Chine , l’ Italie et la
Russie sont les premiers exportateurs des mines antipersonnelles. Cinquante
pays produisent au moins 200 millions de mines terrestres catégorisées sous 350
modèles.
Le
Président Clinton déplore cette situation et déclare soutenir “ l’abolition
éventuelle “ de cette arme dangereuse. Toutefois, dans les circonstances
actuelles, les États Unis ne sont pas encore disposés à accepter le
bannissement inconditionnel de l’ AP car le Pentagone désire l’ utiliser pour
protéger la Corée du Sud contre Pyongyang . Le problème ne concerne pas les
charges explosives déjà sous- terre que Washington a 10 ans pour désamorcer aux
termes du nouveau traité . L’ intention américaine est de poser plus d’ un
million de mines nouvelles pour parer à l’ éventualité d’ une invasion nord coréene.
D’ autre part, les autorités militaires des Eùtats Unis proposent d’ exempter
certaines mines antipersonnelles autodestructrices utilisées en combinaison
avec les mines antichars.
Les
autres gouvernements - alliés du NATO
compris - refusent de desserrer les provisions du traité qui bannissent les
mines AP . 122 ont signé ce document , à l’ exception des E.U. Cet accord
couronne une longue campagne . En Octobre 1992, en effet, 16 organisations
privées dans 75 états et réunissant 1.300 membres représentant toutes les
branches d’ activités, formaient un mouvement dénommé ICBL, The International
Campaign To Ban Landmines, pour exhorter le monde à exclure définitivement les
mines AP , détruire les mines posées , éduquer les gens à les éviter et
secourir les victimes des explosions. Le mouvement recut aussitôt le support
enthousiaste de plus de 1.100 organismes luttant pour les droits de l’ homme .
En 1995, la Conférence sur le désarmement à Genève, présidée par le Sécrétaire
général Boutros Boutros Ghali, propose pour la première fois, mais sans succès,
le bannissement des mines terrestres.
En Décembre 1997, 122 nations réunies à Ottawa, Canada, signèrent une
convention interdisant l’ emploi, la production, le stockage et la vente des
mines antipersonnelles . Les Éùtats Unis, la Russie, la Chine et l’ Inde n’y
participaient pas. Le Prix Nobel de la Paix de 1997 fut attribué á l’ ICBL et
sa coordinatrice Jody Williams, de souche américaine . La convention en
question aura force de loi si elle est
ratifiée par 40 nations. L’ ICBL travaille activement à l’ heure actuelle pour
gagner des signatures de support et pẹrsuader
les gouvernements à ratifier l’ accord d’ Ottawa. Jusqu’ ici , 113 pays
signataires n’ ont pas encore ratifié, 13 l’ ont confirmé, 5 s’y opposent et 60 n’ ont pas décidé parmi les 191
membres de l’ organisation des Nations Unies. [1]
2 - De même, Washington
s’ oppose à l’interdiction d’ enrôler
les mineurs de moins de 18 ans dans
l’ armée . Actuellement dans de nombreux pays : Libéria, Soudan, Uganda,
Burundi, Zaire, Afghanistan, Birmanie, Shri Lanka…, les gouvernements comme les
forces rebelles locales mobilisent plus d’ un million d’ enfants, certains au
dessous de 10 ans d’ âge. Cet agissement cause un sérieux préjudice à ces
derniers , sur le plan aussi bien physique que mental, et les transforme en
éléments dangereux dans les relations avec les autres . Les militaires US
déployés dans les zônes étrangères de conflits ne trouvent certainement pas du
plaisir à affronter ces mioches rôdant sur les champs de bataille avec leur AK
-47 .
Il
existe à présent trois textes qui interdisent d’ user les enfants au dessous de
15 ans comme soldats : la Convention de 1989 sur les droits des enfants et deux
Protocoles additionnels à la Convention de Genève de 1949. Les Eùtats Unis les
ont signés tous mais ils ne sont pas encore ratifiés par le Sénat. Plus tard un
nouveau protocole a été proposé à la Convention sur les Droits des enfants
fixant à 18 ans au minimum l’ âge d’enrôlement militaire. Le protocole aurait
un caractère facultatif : aucun gouvernement, même s’il a ratifié la
convention, ne serait obligé de l’ adopter. L’ administration Clinton oppose
cet âge minimum car l’ armée américaine recrute les élèves de 17 ans à la
sortie des écoles secondaires au lieu d’ attendre qu’ils aient atteint leur
18ème anniversaire . Au dessous de la moitié de 1% de l’ effectif militaire
US est composé des recrues de moins de
18 ans. Alors que presque tous les conscrits atteignent l’ âge 18 avant d’
achever leur instruction , l’ armée américaine est la seule à rejeter même un accommodement qui
tiendrait ces soldats en dehors du combat.
Le
Pentagone craint que le gouvernement US pourrait affronter une pression accrue
pour arrêter le recrutement des jeunes de 17 ans. Pour parer à cette
éventualité, les représentants américains ont pris avantage des règles du
consentement par unanimité . consensus
rules, qui régissent les négociations, pour empêcher les autres
gouvernements d’ adopter une interdiction pour eux mêmes.
3 -La position des Eùtats Unis quant à
la Cour Internationale Criminelle est un autre sujet de
controverse. Une Conférence diplomatique se réunira Juillet prochain à Rome
pour entériner sa création après des années de pourparlers. Cette cour , en
principe, remplacera les tribunaux temporaires qui détiennent les dossiers des
massacres dans l’ex Yougoslavie et le Rwanda. Sa compétence couvre les actes de
génocide , les crimes de guerre et les crimes contre l’ humanité, ó qu’ils se
produisent. La question se pose de savoir si la nouvelle institution a assez d’
autorité et d’indépendance pour fonctionner . Clinton a déclaré qu’il l’ appuierait “ en principe
“ et les négociateurs américains ont
contribué efficacement à la rédaction de la procédure judiciaire et des droits
de la défense.
Avec la
Chine, la Russie et la France, les États Unis soutiennent toutefois l’idée d’
une Cour à pouvoirs restreints . Le débat est centré sur un certain nombre de
questions : Qui est qualifié pour déclencher l’ instance ? Un gouvernement
quelconque, ou le Conseil de Sécurité des Nations Unies ou un plaignant
agissant de son propre gré ?.Le plaignant est il requis d’obtenir le
consentement préalable des états intéressés dans la poursuite ? Dans quelle
mesure la Cour doit considérer les efforts déployés par les autorités
nationales pour déférer l’ accusé devant sa juridiction ?. Un point particulièrement
litigieux : Washington prétend que la Cour ne peut pas être valablement saisie
sans l’ accord formel du Conseil de sécurité toutes les fois que la paix et la
sécurité mondiales sont en danger en
vertu des pouvoirs prévus dans le Chapitre 7 de la Charte des Nations Unies .
Cet argument, s’ il est admis, paralyserait la Cour car il suffirait qu’un des
5 membres permanents du Conseil de sécurité oppose son véto pour stopper la
procédure judiciaire . Aux yeux de Washington, une Cour indépendante
interférerait dans les attributions du Conseil de sécurité qui consistent à
contenir les menaces contre la paix . Ce raisonnement fait abstraction d’ un
fait important: Dans les pays comme la Bosnie, le Ruanda,le Cambodge, le
Burundi et le Congo , ce sont les violations des droits de l’ homme qui, plutôt
, mettent la paix en danger . Gouvernements et factions rebelles, surs de leur
impunité, sont encouragés à commettre des atrocités . Certains suggèrent d’
autre part que les leaders des factions , craignant d’ être poursuivis,
manoeuvrent pour faire échouer les conversations de paix. Or , l’accord de
Dayton fournit la preuve du contraire . À Dayton, l’ amnistie ne fut pas
accordée bien que la Cour Internationale de Justice criminelle dans l’ ex
Yougoslavie eut déjà inculpé Radovan Karadzic et Ratko Mladic, respectivement
chefs politique et militaire des Bosniens Serbes . En vue d’une paix durable,
il est essentiel d’ arrêter les personnes suspectées d’ être à l’ origine des
crimes de guerre , autrement elles continueraient à user de violence et de
menaces pour réaliser leurs rêves de nettoyage ethnique.
L’
Angleterre et plusieurs nations ont appuyé un compromis soumis par Singapour
aux termes duquel le Conseil de sécurité pourrait voter pour arrêter la procédure
si la poursuite menace les efforts de paix dont parle le Chapitre 7 de la
Charte onusienne. Cette solution permettrait au Conseil de sécurité de prévenir
un conflit véritable entre paix et poursuite , en même temps qu’il rendrait
plus difficile pour un seul membre permanent dudit Conseil de bloquer l’
instance judiciaire en raison des intérêts particuliers . L’ administration
Clinton , fidèle à sa position , préconise
qu’un vote du Conseil de sécurité est nécessaire pour autoriser ( plutôt
qu’ arrêter ) la poursuite. De cette facon, l’ Amérique - par son droit de véto
- préserve sa faculté de bloquer le fonctionnement de la Cour. Washington
invoque aussi trois autres raisons : a
) il est nécessaire d’ éviter de créer un
“super - procureur”
irresponsable bien que sujet à récusation (impeachable ) et à d’ autres
contraintes politiques. b ) le rôle
unique des EU dans le déploiement des forces dans le monde pour défendre la
paix le qualifie pour s’ assurer des extra précautions en vue du contrôle de la
Cour bien que ce rôle justifie mal son
impunité pour les atrocités commises par les troupes US . c ) les Républicains , majoritaires au Sénat, ne ratifieraient
jamais un traité établissant la Cour Internationale à moins que ses pouvoirs
soient limités .
Jusqu’
ici l’ entérinement des lois sur les droits de l’ homme a toujours pris du
temps aux EU. Le Sénat a mis 50 ans pour ratifier la Convention sur les
génocides et 25 ans, en ce qui concerne le Protocole international sur les
Droits civils et politiques. L’ approbation de la Cour Internationale
Criminelle attendra donc . Cinq
décennies après la création du Tribunal de Nuremberg, les nations du globe sont
parvenues à faire de cette Cour une réalité. A Rome, en Juillet prochain ,
elles officialiseront cette institution .Quoiqu’ il en soit, le support
politique et financier des EU est nécessaire. Que pense Clinton si demain une
poursuite est engagée devant cette Cour contre Sađdam Hussein ?
Les États Unis laissés derrière en matière des droits de l’
homme
La communauté
internationale se sent aujourd’ hui plus à l’aise en laissant les Eùtats Unis
en dehors des questions légales des droits de l’ homme. Les négociations sur
les mines antipersonnelles sont un
exemple. Au début en effet, les pourparlers procédaient sous la règle de l’
assentiment général ou accord unanime ( consensus rule ) dans laquelle n’
importe quel gouvernement pourrait bloquer le cours des débats. L’ Amérique n’
hésitait pas à user de son véto , conduisant les négociations à une impasse .
Alors le Canada, soutenu par une large coalition d’ autres pays, eut l’ idée d’
établir des discussions parallèles ouvertes seulement aux délégations
favorables au bannissement inconditionnel . Les Eùtats Unis se trouvent ainsi
contournés effectivement après avoir déployé - sans succès - ses derniers
efforts pour gagner certaines
échappatoires.
Les
négociations d’ un protocole sur les
soldats mineurs recourent au même procédé. Comme ledit protocole est
facultatif , le précédent canadien , établi durant les pourparlers sur les
mines antipersonnelles et faisant jurisprudence - fut suivi : La participation
audit protocole est limitée aux états qui supportent l’ interdiction absolue d’
utiliser des mineurs de moins de 18 ans comme soldats. Même si les négociations
étaient restreintes aux 191 gouvernements
qui ont ratifié la Convention sur les Droits de l’ enfant, les Eùtats
Unis - comme l’ un des deux seuls pays qui opposent l’ interdiction - seraient
empêchés de bloquer le protocole proposé.
Le
précédent des mines antipersonnelles influe de même sur les négociations
relatives à la Cour Internationale Criminelle. Une large
coalition de gouvernements est d’ accord pour aller plus loin que les Eùtats
Unis en établissant une Cour forte et indépendante .Cette coalition englobe des
nations développées (Allemagne, Canada,Australie, Norvège et Hollande ) comme
en voie de développement (Argentine, Egypte, Ghana, Malawi et Sud Afrique ).
Ces pays ont complété leur transition d’un régime autocratique à la démocratie
et parlent avec autorité de l’ importance d’ avoir une institution judiciaire
au dessus des pressions locales pour l’ impunité .Ils ont saisi l’ opportunité
historique d’ éviter à la Cour Internationale d’ être contrôlée par une seule
nation . Les Eùtats Unis ont un intérêt vital à promouvoir paix et prospérité
basées sur le respect des droits de l’ homme. Au lieu de craindre le
développement de la loi internationale des droits de l’ homme, Washington
devrait le soutenir. Faute de ce faire , l’ Amérique risque d’ abandonner son
rôle comme le porte- parole de la liberté pour tous. [2]
Des sanctions qui ne produisent pas les résultats escomptés
Un
autre sujet , politiquement et moralement complexe, qui fait de Washington la
cible des critiques fréquentes de la part du public international, de ses
propres alliés et même du Vatican, est les sanctions appliquées à ses ennemis.
Chaque fois qu’ une question de politique étrangère se pose, le premier
instinct des politiciens US - démocrates ou républicains - est de recourir aux
mesures de répression économiques et financières. Tout récemment, Clinton
impose des sanctions contre l’ Inde et le Pakistan qui ont repris leurs tests
nucléaires . D’ un autre côté, la Chambre des Représentants a passé un projet
de loi pour punir les pays coupables de persécutions religieuses. Dans le
passé, l’ Amérique a exercé des représailles du même genre contre la Russie
soviétique, le Nicaragua, le Sud Afrique, Cuba, la Lybie, l’ Iran et les autres
gouvernements. En Juin dernier, Frank Kittredge, Président du National Foreign
Trade Council, a relevé dans un discours au World Affairs Council que les
sanctions unilatérales décrétées par les autorités US menacent 75 pays
différents , soit 52% de la population
mondiale.
Le hic
est que les armes de pression ci dessus produisent l’ effet d’un boomerang et
atteignent rarement les objectifs assignés. Aux yeux des politiciens américains
en effet, l’ acte de sanctionner et le choc qu’il produit importent plus que l’
efficacité des sanctions . Examinées objectivement, ces mesures sont perverses
: Washington n’ a ni le pouvoir ni l’ autorité pour forcer les dictateurs de La
Havane , Bagdad et Téhéran à traiter leur peuple décemment. Les sanctions
imposées sont en fait des lois interdisant les compagnies américaines de
commercer avec lesdits pays. Elles restreignent leur liberté pour la simple
raison que ces régimes autocratiques dénient à leur peuple les libertés
essentielles. Les gouvernants de ces
nations n’ ont cure des sanctions . Leur peuple , seul, en paie tout le prix.
L’
embargo contre le Việt Nam , le Cambodge et le Sud Afrique réussit car le
monde , d’accord, le supporte . Les sanctions unilatérales , provenant des
Eùtats Unis , super puissance unique du globe , ne font que heurter les
intérêts américains . La visite papale à La Havane - en quelques jours - s’
avère bien plus bénéfique au peuple cubain que trois décennies de blocus
yankee. Diplomatie, persuasion et compromis ont aujourd’ hui la faveur de tous
les milieux.
Conscients
de la réaction internationale, deux députés Phil Crane (R, Illinois ) et Lee
Hamilton (D. Indiana ) ont récemment soumis un projet de loi requérant
désormais que le Congrès et l’ Executif, avant de sanctionner un pays étranger
, présentent un rapport détaillé sur les points suivants : Les sanctions
projetées répondent elles à une politique définie des EU ? Contredisent elles
les autres objectifs de la politique nationale ? quel est leur impact sur les
Américains ? Toutes les autres alternatives ont elles été déjà essayées ? . Le
projet de loi Crane - Hamilton , actuellement à l’ étude devant divers comités
, vise à rendre les sanctions moins irrationnelles. [3]
L’
autre écueil à éviter est les impairs et maladresses , d’ordre psychologique,
dans les relations internationales. Le Sénateur Daniel Patrick Moynihan, ex
ambassadeur à New Delhi, prévoit - à juste raison - que l’ arrêt de l’aide
financière et économique sera sans effet
sur l’ Inde et le Pakistan., étant donné l’ antinomie historique,
religieuse et ethnique, entre ces deux ennemis . Le Ministre des Affaires
étrangères pakistanais Gohar Ayub Khan
déclare , de son côté :” Depuis
1990, mon pays a été maintes fois sanctionné . C’ est justement durant cette
période que nous avons développé nos programmes nucléaires et balistiques.”
. Fidel Castro, Saddam Hussein, Khadhafi et Khomeini ont survécu parce qu’ ils
ont su exploiter à leur profit le manque de psychologie des Américains et la
fierté nationale de leur peuple.
Une politique Human Rights incohérente
et irrationnelle
Lors de
sa première campagne présidentielle en 1992, Bill Clinton ridiculisa George
Bush au sujet de sa politique de concessions à l’ égard de Beijing.Durant ses
deux termes à White House , Clinton soulève des ouragans de protestations à
cause des faveurs jugées excessives accordées à la Chine : statut de la nation
la plus favorisée ,vente des secrets technologiques, reconnaissance de Taiwan
comme une partie de la Chine, arrêt des attaques officielles aux Nations Unies
contre les violations chinoises des droits de l’ homme, renforcement des
échanges commerciaux, l’ autonomie du Tibet passée sous silence… Les
contributions chinoises aux fonds d’ élection du Parti Démocrate sont enquêtées
par le Congrès . Pendant ce temps, Washington se montre impitoyable aux petits
pays africains et à l’ Iraq . À l’ égard du Việt Nam et de l’ Indonésie
de Suharto par contre , l’ administration Clinton est coulante . Pour des
raisons stratégiques et économiques.
Une
telle situation est bien regrettable. La loi internationale sur les droits de
l’ homme progresserait considérablement avec une meilleure coopération des
Eùtats Unis. Qu’ il suffise de citer quelques faits encourageants : Les
capitaux colossaux investis par les compagnies multinationales US ont aidé à
améliorer notablement les conditions des travailleurs dans certaines nations
sous développées : Việt Nam, Pakistan, Honduras, Myanmar…qui ont signé
des contrats avec Reebok, Levi Strauss, Disney, Macy’s, Liz Clairborne… Les
années passées, sous la pression du secteur industriel américain , le Congrès a passé une série de lois comme l’Apparel Industry Partnership Act ( 1996 ), le Social
Accountability 8000..imposant des critères stricts pour la protection
efficace des masses laborieuses locales . Les gouvernements étrangers désireux
de travailler avec les capitalistes US
doivent s’y soumettre . Aux EU, en 1996, le milieu médiatique accusa
avec véhémence Kathie Lee Gifford , une célébrité de la TV, de sous- payer les
mineurs sud américains dans ses ateliers “ sweat shops “ . Pour calmer l’
indignation publique, le Sécrétaire du Travail Robert Reich dut organiser une
campagne “ No Sweat “ ( N’ exploitez
pas la sueur des ouvriers ! ) pour forcer les producteurs étrangers et
détaillants à observer les lois
américaines sur le travail. [4]
***
L’
Amérique est en train de perdre des alliés dans le domaine des droits de l’
homme . La puissance militaire et économique ne suffit pas pour commander le
respect international. Les nombreux scandales qui éclatent à Washington sont
suivis partout de près. Les droits de l’ homme sont basés sur la moralité.
L’
Amérique a besoin de reconnaitre la
valeur globale et intrinsèque des droits de l’ homme, reviser en conséquence sa
politique dans ce domaine, repenser les modalités pour la faire admettre et s’
abstenir d’ imposer des exceptions et
exemptions. [5]
L’ absence de liberté donne
naissance à l’ esclavage. L’ état d’
esclave est bien pire que l’ état de
guerre . Les souvenirs des jours d’ esclavage nous font chérir davantage la
liberté . C’ est pourquoi à tout prix, l’ humanité doitù lutter pour conquérir
et préserver les droits de l’homme. Une lutte de tous les instants. Il n’
existe pas d’ autre choix possible car la vie n’a plus de sens , privée de
liberté .